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Environnement : les risques naturels majeurs

Les risques majeurs

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Qu'est-ce qu'un risque majeur ?

Le  risque majeur est fréquemment nommé « catastrophe » dans le langage courant. Il résulte de la présence d’un évènement potentiellement dangereux nommé « aléa » sur une zone présentant des enjeux humains, économiques, écologiques. Ces aléas peuvent être :

  • naturels (inondations, volcanisme, séismes, etc.) qui ne peuvent réellement être maîtrisés ;
  • technologiques (nucléaires, industriels, ou liés au transport de matières dangereuses) pouvant résulter d’une erreur humaine ou d’une défaillance technique.

Nous nous consacrerons ici à parler des risques majeurs naturels.

Une région, le val de Cisse

Le Val de Cisse est un val fermé qui s’étend en rive droite de la Loire sur une longueur de 40 km entre Blois et Vouvray. Sa largeur moyenne est d’une peu plus d’1 km et sa superficie d’environ 4500 hectares.

Il est drainé par les bras de la Cisse, de ses petits affluents dans leur cours aval dont le plus important est la Brenne et par la Vieille Cisse. Ce dernier cours d’eau correspond à l’ancien lit de la Cisse avant qu’elle ne soit déviée jusqu’à Vouvray pour drainer le val. Elle se jette dans la Loire à son embouchure naturelle en amont du val.

Les communes dont le territoire se trouve en tout ou partie en zone inondable sont, d’amont en aval :
Chouzy sur Cisse (essentiel du centre bourg), Onzain, Veuves (en totalité), Monteaux, Cangey, Limeray (hameau du Haut Chantier), Pocé-sur-Cisse, Amboise (quartier du Bout des Ponts, l’Ile d’Or), Nazelles Négron, Noizay, Vernou sur Brenne et Vouvray (essentiel du centre bourg).
L’occupation du sol, majoritairement agricole en surface, comporte toutefois d’importantes zones d’activités (quartier de la Gare à Onzain, Amboise Vilvent et Nazelles-Négron) et de nombreux équipements touristiques.
De nombreux ouvrages de protection ont été créés et améliorés (levée renforcée, digue de ceinture, dispositif anti-retour…) mais sont néanmoins non invulnérables à d’éventuelles brèches.

L'indre et Loire et les risques majeurs

Historiquement, les principales catastrophes qui ont touché le département sont dues aux inondations. Régulièrement, au cours des siècles, la Loire est sortie de son lit et si les vals n’étaient pas aussi densément peuplés qu’aujourd’hui, la destruction des récoltes a entraîné à plusieurs reprises de graves famines. 
Les grandes crues du 19ème siècle (1846, 1856 et 1866) ont envahi les vals, la Loire et le Cher rompant les digues à l’abri desquelles l’urbanisation avait commencé à se développper, infligeant d’énormes dégâts.
Les mouvements de terrains en Indre et Loire sont généralement localisés à proximité des falaises de tuffeau creusées par l’homme. Ce sont des risques bien présents mais aussi bien connus. Cependant, tous les ans, de petits accidents (chutes de blocs, effondrements de cavités, de falaises, glissements de terrains…) rappellent que, dans le passé, ils ont pu causer de nombreuses victimes et des dégâts importants (25 morts à Ports-sur-Vienne en 1880).

L'indre et Loire et le risque inondation

L’Indre et Loire est un département irrigué par de nombreuses et importantes rivières dont les crues sont de type inondation de plaine : la Loire, le Cher, l’Indre, la Vienne, la Creuse, sans compter des rivières plus modestes dont les crues plus soudaines peuvent parfois provoquer localement des dégâts : l’Indrois, la Claise, la Brenne, la Manse…
Depuis 1982,  57 communes d’Indre et Loire ont eu une reconnaissance de catastrophe naturelle pour des inondations de plaines.

Inondations par rupture de digue :
Paradoxalement, la construction de levées au cours des siècles le long de la Loire et une partie de la basse vallée du Cher, sur un linéaire total de 150 km, a rendu les inondations potentiellement brutales et dangereuses.
Ainsi, 1846, 1956, 1866 sont des années qui ont marqué l’histoire des crues de la Loire. Les vals ont été inondés par rupture des digues qui les protégeaient et des agglomérations, dont celle de Tours, on été durement sinistrées. Parmi les évènements les plus spectaculaires, citons la destruction de la gare d’Amboise en 1846 et la destruction de 52 maisons  et d’un château à la Chapelle-sur-Loire en 1856.

Un semblable scénario catastrophe peut parfaitement se reproduire. 150.000 habitants de la zone inondable serait alors concernés ainsi que 30% des emplois en zones d’activités du département. L’importance de ces enjeux en fait le principal risque pour l’Indre et Loire.

Inondations par surélévation de nappes :
L’événement le plus à craindre est l’inondation par remontée de la nappe alluviale des vals situés à l’abri des digues et levées. Une crue, même modeste mais prolongée, de la Loire et du Cher peut provoquer l’inondation des sous-sols et des points bas des vals dans lesquels les enjeux (habitants, biens, activités, équipements…) sont importants. Ce phénomène pourrait précéder une inondation plus grave par rupture de digue.
Inondations, ruissellements et coulées de boues :
Ces inondations se produisent le plus souvent à la suite de fortes pluies d’orage sur de petits bassins versants entraînant la montée rapide des ruisseaux et d’importants ruissellements, voire de ravinements et d’érosion des sols, susceptibles de provoquer des coulées de boues.
Depuis 1982, 108 communes d’Indre et Loire ont eu au moins une reconnaissance de catastrophe naturelle pour des inondations et coulées de boues suite à des orages.
La spécificité du risque majeur est sa faible fréquence et donc sa faible probabilité. En hydrologie, les types de crues sont classés en fonction de leur probabilité d’apparition.
A titre indicatif, les périodes de retour des différentes crues de Loire sont données ci-dessous :

  • Crue dite décennale ou de retour 10 ans : 1 possibilité sur 10 chaque année.
  • Crue dite centennale ou de retour 100 ans : 1 possibilité sur 100 chaque année.
  • Crue dite cinq-centennale ou de retour 500 ans : 1 possibilité sur 500 chaque année.

Qu'est-ce qu'une inondation ?

Une inondation est une submersion plus ou moins rapide d’une zone, avec des hauteurs d’eau variables. Elle est due à une augmentation du débit d’un cours d’eau provoquée par des pluies importantes et durables.
Elle peut se manifester de différentes manières : inondations des plaines, remontée de nappe, rupture d’une digue de protection, ruissellement pluvial, crue torrentielle.

Les risques d'inondation à Pocé-sur-Cisse

La commune située en bord de Loire est traversée par deux cours d’eau, la Cisse et la Ramberge. 
Les inondations sur la commune peuvent être dues :

  • à un débordement de la Loire dans son lit majeur. En cas de très fortes crues de la Loire, la submersion de la digue, voire sa rupture restent possibles, les eaux envahissant alors le val protégé.
  • à un débordement de la Cisse dans son lit majeur.
  • à une remontée de la nappe phréatique, ce phénomène a lieu lorsque la crue est longue. La nappe phréatique et le cours d’eau tendent naturellement à équilibrer leur niveau.
  • à un débordement de la Ramberge dû à des pluies torrentielles sur les bassins versants.

Au siècle dernier, la vallée de la Loire a connu des inondations catastrophiques dues aux crues de 1846, 1856 et 1866. Rompant les digues, la Loire a occupé son lit majeur, inondant la vallée d’un coteau à l’autre.

La crue de 1856 est considérée comme la plus forte crue observée. Elle sert de référence pour la détermination des Plus Hautes Eaux Connues, ces dernières s’établissent à 58 m NGF au droit du bourg de Pocé sur Cisse entre la RD 1 et la digue.
Ceci correspond à des hauteurs d’eau comprises entre 1 et 2 mètres, voire même 3,30 m au lieu dit « parc Ménard ».

Inondation et sécurité

1 – L’annonce des crues

Deux niveaux de surveillance sont exercés : la vigilance et l’alerte.

2 – Le plan de secours spécialisé « inondation »

Déclenché par le Préfet, dès qu’un cours d’eau atteint une cote critique, une cellule de crise restreinte est activée par la Préfecture en vue d’anticiper d’éventuelles mesures préventives pour garantir la sécurité des biens et des personnes.

3 – Transmission de l’alerte à la Mairie

Automatisée depuis janvier 2004, une liste de personnes (maire, adjoints et services techniques) et leurs numéros de téléphone sont enregistrés dans le système automatisé afin de pouvoir être joints immédiatement en cas de déclenchement de l’alerte.
Le maire met en œuvre son propre plan municipal de sécurité.

4 – Anticiper l’inondation afin d’agir au mieux en cas d’alerte

Quelques informations utiles

Que font les autorités pour limiter les effets des inondations ?

Plusieurs axes sont suivis :

  • amélioration de la connaissance,
  • travaux de protection et diminution des aléas,
  • maîtrise de l’urbanisme et diminution de la vulnérabilité (Plan de Prévention des Risques Inondation),
  • surveillance de la montée des eaux : réseau CRISTAL, géré par la Direction régionale de l’Environnement,
  • préparation de la crise : plan de vigilance de la DDT,
  • gestion de la crise : plan de secours spécialisé « Inondations ».

Mouvement de terrain

Qu’est-ce qu’un mouvement de terrain ?
Un mouvement de terrain est un déplacement plus ou moins brutal du sol ou du sous-sol en relation avec la nature et la disposition des formations géologiques. Il est dû à des processus lents de dissolution ou d’érosion favorisés par l’action de l’eau et de l’homme.

Comment se manifeste-t-il ?

Quelques mouvements marquants dans le Département

1 – DES MOUVEMENTS LENTS ET CONTINUS :

– Affaissement : évolution de cavités souterraines dont l’effondrement est amorti par le comportement souple des terrains superficiels. Ces cavités peuvent être des vides naturels par dissolution de roches solubles (calcaires, gypse…), des ouvrages souterrains exécutés sans précaution, des carrières souterraines (calcaire, craie…)
– Glissement de terrain : déplacement par gravité d’un versant instable. De vitesse lente (inférieure à quelques décimètres par an), ils peuvent s’accélérer  en phase paroxysmale (jusqu’à quelques mètres par jour) pour aller même jusqu’à la rupture. Ils peuvent intéresser les couches superficielles ou être profonds (plusieurs dizaines de mètres). Dans ce dernier cas les volumes de terrain en jeu peuvent être considérables (plusieurs millions de mètres cube affectant 50 ha à Harmalières, dans l’Isère, en 1981).
– Phénomène de retrait – gonflement des argiles : lié aux changements d’humidité des sols très argileux (capables de fixer l’eau disponible, mais aussi de la perdre en se rétractant en cas de sécheresse ), ce phénomène peut provoquer des dégâts importants sur les constructions. Plusieurs dizaines de milliers de constructions ont ainsi été endommagées au cours des divers épisodes de sécheresse et de réhydratation des sols qui ont suivi et qui ont affecté la France depuis 1989.

2 – DES MOUVEMENTS RAPIDES ET DISCONTINUS :
– Effondrement : déplacement vertical instantané de la surface du sol par rupture brutale de cavités souterraines préexistantes, naturelles ou artificielles (mines ou carrières), avec ouverture d’excavations  grossièrement cylindriques (fontis)
– Coulées boueuses et torrentielles : phénomène caractérisé par un transport de matériaux sous forme plus ou moins fluide : coulées boueuses sur des pentes par dégénérescence de certains glissements avec afflux d’eau, coulées torrentielles dans le lit de torrents au moment des crues.
– Chute de pierres, de blocs, écroulement de masses rocheuses : mouvement rapide, brutal résultant de l’action de la pesanteur, affectant des matériaux rigides, durs et fracturés.

3 – QUELQUES ÉVÈNEMENTS MARQUANTS :
– à Chinon : le 14-15 août 1921, une quinzaine d’habitations ont été affectées et quelques caves détruites par un affaissement sur plus de un hectare,
– à Crouzilles, plusieurs affaissements se sont produits dont le dernier, le 1er août 1990, a abaissé de 4 mètres un hectare de cultures.

Que font les autorités pour limiter le risque ?

  • Amélioration des connaissances
  • Travaux de protection, de réduction des aléas et des risque